La Ghunna (Nasalisation) : Comment la Maîtriser Parfaitement

"La Ghunna est bien plus qu'un son nasal : c'est l'âme du Nun et du Mim. Comprenez le fonctionnement du Khaishoum pour embellir votre récitation."

Avez-vous déjà remarqué, en écoutant un récitateur expérimenté, cette vibration particulière qui semble résonner profondément, apportant une douceur et une mélodie unique à la lecture ? Ce n'est pas un simple effet de style, c'est une règle fondamentale du Tajwid appelée la Ghunna.

Pour beaucoup de francophones, l'idée de "nasaliser" un son peut sembler étrange, voire incorrecte selon nos habitudes de prononciation. Pourtant, en arabe coranique, la maîtrise de cette résonance nasale est ce qui donne vie à certaines lettres. Sans elle, la lettre est comme un corps sans âme. Voyons ensemble, avec simplicité, comment apprivoiser ce son qui sort directement du Khaishoum (la cavité nasale).

Qu'est-ce que la Ghunna exactement ?

La Ghunna est un son agréable et mélodieux qui émane du nez. En termes techniques, on parle de la cavité nasale. Contrairement aux autres sons qui sortent de la gorge ou de la bouche, la Ghunna ne dépend pas de la langue. C'est une vibration naturelle.

Pour bien situer ce mécanisme dans votre apprentissage, il faut savoir que parmi les 17 makharij ou points d'articulation qui composent la science du Tajwid, la cavité nasale (Al-Khaishoum) est un point d'articulation unique en son genre. Il ne produit pas de lettres à proprement parler, mais il produit ce son caractéristique qui accompagne obligatoirement deux lettres spécifiques.

Les deux lettres de la Ghunna : Nun et Mim

La Ghunna n'est pas un ornement que l'on ajoute au hasard. Elle est une composante intrinsèque de deux lettres seulement :

  • La lettre Nun (ن)
  • La lettre Mim (م)

Cela signifie que chaque fois que vous prononcez un Nun ou un Mim, une partie du son doit passer par le nez. Si vous vous bouchez le nez hermétiquement et que vous essayez de dire "Ennnn" ou "Emmmmm", le son doit s'arrêter ou être très étouffé. Si le son continue clairement alors que vous avez le nez bouché, c'est que votre prononciation est incorrecte : vous utilisez la bouche au lieu du nez.

La relation avec le Mim

Prenons l'exemple du Mim. Bien que l'origine de cette lettre se situe au niveau de l'articulation labiale spécifique aux lettres des lèvres, sa résonance complète ne peut se faire sans le passage de l'air par la cavité nasale. C'est cette dualité qui fait la beauté du Mim : une fermeture des lèvres, mais une ouverture du canal nasal.

La relation avec le Nun

De la même manière pour le Nun, alors que la partie musculaire de la lettre se forme via le makhraj de la pointe de la langue touchant les gencives, la "Ghunna" est la moitié complémentaire de la lettre. Les savants disent souvent que la lettre est le "corps" et la Ghunna est son "esprit".

Comment s'exercer et éviter les erreurs fréquentes

Le défaut le plus courant chez les débutants est de nasaliser des lettres qui ne devraient pas l'être (comme le Waw ou les voyelles longues Alif, Ya). Cela rend la lecture nasillarde et incorrecte.

Pour corriger cela, faites le test du pincement :

  1. Prononcez une voyelle longue (ex: Aaaa).
  2. Pincez-vous le nez.
  3. Le son ne doit absolument pas changer. S'il change, c'est que vous faites une Ghunna là où elle est interdite.
  4. Maintenant, prononcez un Nun prolongé (Nnnnn).
  5. Pincez-vous le nez.
  6. Le son doit se couper net. C'est la preuve que vous utilisez correctement le Khaishoum.

En maîtrisant ce canal de sortie, vous donnez à votre récitation l'équilibre acoustique nécessaire pour qu'elle soit conforme à la lecture révélée au Prophète (paix et salut sur lui).

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